Comment imprimer de façon responsable : une interview de Christophe Delabre

christophe 224x300 Comment imprimer de façon responsable : une interview de Christophe DelabreChristophe Delabre est le directeur commercial de Point 44, un imprimeur résolument engagé en faveur du développement durable, et ce depuis plusieurs années. Imprim’vert, certification FSC et PEFC, certification ISO 14001 niveau 2, usine éco-conçue : cette imprimerie a mis en place des actions concrètes qui traduisent son implication, et lui permettent de mieux aider ses clients à intégrer la notion d’éco-conception dans leurs cahiers des charges. Nous avons demandé quelques conseils à Christophe Delabre pour nous aider à imprimer de façon plus responsable.

 

Comment peut-on faire pour limiter l’impact environnemental de ses imprimés ?

Toute la réflexion doit s’articuler autour de la notion de juste besoin !

Les 8 questions à se poser avant de décider l’impression de documents sont les suivantes :

1 ) Pourquoi ai-je recours à l’impression du document ?
Justifier l’usage et la complémentarité du papier face aux autres supports (mail, web, évènementiel, RP). 

2) Quel message, quelle émotion le support doit-il véhiculer ?
Définir la création, le papier, le format, la finition, etc.

3) Quel est le destinataire ?
Définir la cible, qualifier les bases de données le cas échéant.

4) Quelles sont les conditions d’utilisation ?
Définir l’encombrement, le poids, la finition.

5) Quel(s) mode(s) de diffusion vais-je employer ?
Valider le conditionnement, le poids et le coût de la diffusion.

6) Quelle doit être la durée de vie du document ?
Définir les types de papier, le façonnage et la finition les plus adaptés.

7) Le produit doit-il être respectueux de l’environnement ?
Valider le process de production, la notion d’éco-conception et la recyclabilité du produit.

8 ) Quel budget consacrer à cette production ?
Estimer le retour sur investissement du projet.

 

Quels conseils pouvez-vous donner en matière de choix du papier ?

Il est souhaitable de privilégier les papiers composés en partie ou en totalité de fibres recyclées. Les papiers certifiés FSC ou PEFC sont également à utiliser en priorité, car ils proviennent de forêts gérées de façon durable. Enfin, il faut penser à optimiser les grammages, notamment en fonction de l’usage et de la durée de vie des documents à imprimer.

 

Y a-t-il des couleurs et des finitions à privilégier ou à éviter ?

Il est préférable d’utiliser des encres quadrichromie à base d’huile végétale biodégradable. Il faut éviter les teintes métalliques, car elles contiennent des métaux lourds, et limiter l’usage de teintes pantone, d’une part car leur disponibilité en encres végétales est encore limitée, et d’autre part car leur utilisation nécessite des lavages supplémentaires des machines.
De plus, il convient de rappeler que les aplats sont de gros consommateurs d’encre qui nécessitent une protection (vernis ou pelliculage sur papier couché) : il convient donc de ne pas en abuser. En ce qui concerne les vernis, mieux vaut utiliser les vernis acryliques plutôt que les vernis machine, les vernis UV ou le pelliculage.

 

Comment choisir un imprimeur responsable ?

Le plus simple pour vérifier si votre imprimeur est vraiment responsable est de s’assurer qu’il détient les éléments suivants : qualification Imprim’vert ; certification FSC et/ou PEFC ; certification Iso 14001 ou EMAS (ou à défaut, vérifier s’il a mis en place un système de management environnemental).
Les autres points à prendre en compte sont l’utilisation d’un bâtiment HQE, la réalisation d’un bilan carbone, la possibilité de transfert des fichiers par serveur FTP, la validation web des BAT.
Enfin, il faut garder à l’esprit qu’il est toujours souhaitable de réaliser une impression dans un rayon le plus proche possible du lieu de livraison, afin de limiter les émissions de gaz à effet de serre dues au transport.

 

D’une manière générale, en respectant ces conseils, l’impression des documents revient-elle plus cher ?

Oui, par rapport à l’existant, l’impression revient un peu plus cher (environ 10%), mais sur un poste qui ne présente en moyenne que 15 % de l’investissement global en communication. En revanche, des sources d’économies sont révélées lors de la redéfinition du besoin et de l’établissement de nouvelles règles du jeu entre les parties prenantes, ce qui permet d’anticiper et de faire bien du premier coup.

 

On entend souvent dire que l’utilisation de supports électroniques est plus écologique que celle de supports papier : qu’en pensez-vous ?

C’est faux. La face cachée de la communication électronique réside dans l’utilisation de serveurs toujours plus puissants et gourmands en électricité.
Le transfert que tente d’opérer les annonceurs vers la dématérialisation de leur communication au prétexte de sauver la planète n’a en réalité qu’un seul objectif : améliorer la rentabilité de leur entreprise en réduisant leurs investissements en impression, tout en transférant la charge sur leur client final, qui imprimera le document sur son imprimante personnelle.

Il est important de rappeler que le papier est une ressource naturelle, biodégradable, renouvelable,  qui participe au développement des forêts dont chacun sait qu’elles jouent un rôle fondamental dans le stockage du CO2. Pour plus d’informations, je vous conseille de consulter les sites suivants : www.lepapier.fr  et www.jaimelepapier.fr

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Plus d’infos sur l’imprimerie Point 44 : www.point44.com
« Les jeudis », des rencontres organisées plusieurs fois par an par Point44 pour se former et s’informer sur les techniques d’impression : www.les-jeudis.info

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