Etudes marketing et développement durable : une interview de Laure Boisier

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Dans leur travail quotidien, les services marketing ont souvent recours à divers types d’études : pour valider le positionnement de leur marque, pour tester un nouveau produit ou encore pour mieux connaître leurs consommateurs. Mais comment intégrer le développement durable dans le domaine des études ? Nous avons posé la question à Laure Boisier, fondatrice de l’institut d’études Lb Qualitative Research.

 

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Pouvez-vous nous présenter votre entreprise  en quelques mots ?

Lb Qualitative Research est une société d’étude qualitatives qui accompagne de manière personnalisée ses clients dans les projets d’innovation. Nous sommes  axés sur la mise en adéquation de réels besoins de consommation avec de bons produits dans leurs dimensions sensorielles et ergonomiques. Nous intégrons également la marque lors de nos démarches, mais le produit est toujours au cœur de notre réflexion.

Ainsi, nous sommes spécialistes des études qualitatives de recherche d’insight, d’innovation concepts, et de développements produits. Nous réalisons des focus groupes, des entretiens, des communautés en ligne, et ceci en France et à l’International.

 

En tant qu’institut d’études, de quelle manière intégrez-vous le développement durable dans votre travail au quotidien ?

Le développement durable est à tous les niveaux de notre entreprise.

Au niveau de nos clients d’abord, nous pratiquons toujours des propositions avec une juste méthodologie et un juste prix. Même avec nos « gros » clients, ou avec nos clients moins éduqués en terme d’étude.

Notre « matière première » étant le consommateur, nous sommes très regardants sur la manière dont sont traités nos participants et sur les contrôles de qualité lors du recrutement des participants. Nous nous assurons d’un roulement régulier des participants et nous créons un lien de confiance avec eux en leur proposant des projets intéressants et bien dédommagés.

Nous travaillons également avec nos prestataires dans l’état d’esprit d’un partenariat dans la durée sans favoriser les uns ou les autres. Nous essayons d’avoir des processus d’achat justes et équitables.

Notre impact écologique est moins important que notre impact social, mais nous faisons aussi attention, comme dans un foyer classique (nous sommes un petit bureau de trois personnes), à économiser notre énergie et réduire nos déchets de papier et de cartouche d’encre. Nous faisons durer au maximum les objets et les équipements.

 

Votre démarche responsable est-elle un point que vous mettez en avant vis a vis de vos clients ?

Oui nous affirmons fortement notre engagement en affirmant nos valeurs. Par exemple nous refusons de travailler pour certains secteurs qui ne sont pas très vertueux à nos yeux (pharmacologie, boissons alcoolisées, cigarettes, etc)

Nous affirmons également notre volonté de travailler sur des projets d’innovation répondant à de vrais besoins consommateurs. Nous sommes moins tournés sur les projets de communication par exemple.

Enfin par notre personnalité et notre manière de travailler rigoureuse et respectueuse, nous essayons de faire aller les choses dans le bon sens.

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Travailler  de manière responsable permet-il d’améliorer la qualité des analyses que vous proposez ?

Bien sûr !

Etre responsable avec ses clients, c’est être sûrs de mener des projets équitables entre les deux parties, et de bien collaborer. Donc de la qualité de la coordination et du rendu.

Être responsable avec ses consommateurs, c’est être sûr de leur engagement dans nos études et de la validité de leurs réponses. Donc de la qualité des résultats.

Etre responsable avec ses fournisseurs et ses équipes, c’est travailler au quotidien en harmonie et dans la bonne humeur.

Etre responsable vis-à-vis de l’environnement, c’est essayé de minimiser son impact sur la planète et c’est se dire que les magnifiques immensités et la biodiversité qu’elle nous offre seront conservées (même si en ville ce dernier point est très difficile et c’est très frustrant !)

 

Comment les clients peuvent-ils contribuer à votre démarche responsable ?

En prenant conscience que les consommateurs sont de véritables contributeurs, collaborateurs, et non pas en les prenant pour des sources de données bon marché.

Il est très important d’avoir cette conscience là car déconsidérer le consommateur participant à une étude c’est :

-  Impacter négativement l’image des études consommateurs

-  Impacter négativement sur la motivation des consommateurs pour répondre aux questions posées, et donc obtenir de mauvais résultats

-  Et c’est au final (quand la marque ne travaille pas en blind – ce qui est de plus en plus courant) créer potentiellement une mauvaise image pour la marque

Si le consommateur participant est convaincu de la démarche alors notre image sera positive, les gens auront envie de participer activement et seront heureux de comprendre que les marques sont dans des démarches vertueuses d’amélioration de leur service et d’innovation.

 

Vous faites régulièrement des études sur des sujets liés au développement durable : quelles sont les tendances dans ce domaine ?

Les problématiques en lien avec le DD sont dans tous les domaines, il s’agit d’une notion très transversale que nous pouvons trouver au cœur de nombreux projets.  Nous avons beaucoup travaillé avec des grandes marques sur les problématiques de consommation Bio, et avec des associations sur la notion de notation de produits de grande consommation. Nous avons également travaillé sur des problématiques de communication (comment communiquer de manière pertinente les actions menées par les marques sans faire de greenwashing).

En ce moment nous sentons une tendance autour des emballages et du besoin urgent de réfléchir à leur optimisation. C’est pourquoi nous avons mené une étude sur le sujet, que nous avons présentée au salon SEMO. C’est un sujet d’autant plus important qu’il semblerait que le consommateur n’en a pas encore totalement conscience.

 

Selon vous, le développement durable et la RSE sont-ils arrivés jusqu’au monde des études ?

En réalité je ne pense pas que cela soit le rôle des études de faire avancer la RSE. Nous sommes une fonction support permettant aux entreprises des prises de décision, des réflexions. Mais nous ne pouvons pas travestir la réalité ou influencer les décisions de nos clients. D’un point de vue éthique ceci n’est pas acceptable. Par contre nous pouvons être un véritable catalyseur en montrant combien les consommateurs peuvent être suiveurs de cette démarche.

Il arrive parfois le produit sur lequel travaillent nos clients soit par défaut un mauvais produit pour la planète (les couches par exemple) : nous essayons alors de les convaincre d’évoluer en intégrant cette notion dans leur développement afin de limiter leurs impacts.

 

 Quels conseils pourriez-vous donner à des professionnels des études qui souhaitent s’engager dans la voie du développement durable ?

Je leur proposerais de regarder tous les impacts qu’ils peuvent avoir au niveau social et environnemental, d’y réfléchir puis de commencer à agir. En achetant une poubelle spécial papier, en informant ses prestataires quand une proposition commerciale n’a pas répondu à leurs attentes, en restant pédagogue avec ses clients pour œuvrer dans le bon sens (dans le sens de bons projets), on peut déjà faire avancer les choses !

En réalité il s’agit juste d’avoir du bon sens et de regarder ce qui est bien autour de nous et que l’on n’a pas envie de voir disparaitre. Cela s’applique pour tout, même dans la relation client.

Il faut penser « pérenne », long terme, être patient, avoir des buts, les exprimer sans que cela soit au détriment des autres.

Et ça je peux l’affirmer : cela rend heureux !

 

 logo LB QR Etudes marketing et développement durable : une interview de Laure Boisier

   Plus d’infos : www.lb-qr.com

Commentaires (3)

 

  1. Yves dit :

    Excelleeeente étude sur l’emballage ! :)

  2. Ecolo dit :

    Très bonne démarche! Investissez dans la croissance verte. Comme le dit Laure, le DD est le domaine transversale par excellence.

  3. Tout à fait d’accord avec « Ecolo ». Le développement durable est une nécessité mais certaines grandes entreprises ont tendance à le reprendre à toutes les sauces.

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