En savoir plus sur les labels : interview de Sylvain Czaryski

Sylvain Czaryski 247x300 En savoir plus sur les labels : interview de Sylvain Czaryski Juriste spécialisé en droit de l’environnement, Sylvain Czaryski a travaillé dans l’industrie et en bureau de consultants dans le domaine de la réglementation environnementale, puis en tant que consultant  en  achats  durables  et  en management environnemental «produit» (labellisation et autodéclarations environnementales). Partenaire d’ABCVERT®, il est également l’auteur du Guide des produits responsables labellisés.  Nous lui avons posé quelques questions au sujet des labels, de plus en plus utilisés mais au sein desquels il est parfois difficile de se retrouver. 

 

Qu’est-ce qu’un label ?

Dans le domaine du développement durable et pour les produits, un label est un signe de qualité, d’application volontaire, qui atteste qu’un produit respecte des critères environnementaux et/ou sociaux.

Les labels ont un champ d’intervention très large : ils peuvent s’intéresser aux caractéristiques des produits et services, mais également au fonctionnement des organismes (entreprises, associations, administrations). Labels produit et labels « approche site » (encore appelés approche organisme ou entreprise) forment les deux grandes familles de labels.

 

Existe-t-il différents types de labels ?

La diversité est une de leurs principales caractéristiques.

Ils peuvent être distingués selon leur origine : officielle (créés par les pouvoirs publics), privée (initiés par des organismes professionnels, des ONG…), internationale, nationale.

Ils peuvent aussi être classés en fonction de leur champ d’application (produits concernés) : sectoriels ou multi produits (différentes catégories de produits couvertes).

Ils peuvent enfin être répertoriés selon leurs exigences (critères du cahier des charges du label) :

- exigences exclusivement environnementales ou sociales ou les deux ;

- exigences multicritères (plusieurs questions environnementales/sociales traitées) ou critère unique ;

- exigences sur l’ensemble du cycle de vie du produit ou sur un stade spécifique de cycle de vie.

Ces différents critères de classement se combinent.

 

Pouvez-vous nous donner des exemples de labels existants ?

- Labels officiels : Marque AB (agriculture biologique), Labels haute performance énergétique (bâtiments), Label écologique européen (« La Fleur »), Label social belge (respect des normes de base de l’OIT tout au long de la chaîne de production du produit).

- Labels privés : Labels du commerce équitable (Max Havelaar, Bio Equitable), Label ATR (Agir pour un Tourisme Responsable).

- Labels multicritères et approche cycle de vie du produit : écolabels européen « La Fleur », scandinave Nordic Swan, allemand Blaue Engel, français NF Environnement.

- Labels à critère unique : Label Energy Star (efficacité énergétique des équipements de bureau), Label Öko-Tex 100 (limitation ou absence de substances nocives dans les produits textiles).

- Labels ne s’intéressant qu’à un stade spécifique du cycle de vie du produit : Labels de gestion durable des forêts FSC et PEFC (phase pré-production).

- Labels sectoriels : Labels Cosmebio et BDIH (cosmétiques), Label Global Organic Textile Standard (textile).

- Labels multi produits : écolabels. 

 

Quel intérêt y a-t-il à obtenir un label pour ses produits, ses services ou son entreprise ?

Pour l’entreprise, le label est un outil de valorisation de ses démarches environnementales ou sociales produits. C’est un gage de sérieux donné à ses clients : s’engager dans une démarche de labellisation (fiable), signifie pour l’entreprise se soumettre volontairement à un cahier des charges exigeant et accepter son contrôle par un organisme indépendant.

En termes de visibilité et de communication, l’entreprise pourra bénéficier des actions de promotion du label. Exemples : quinzaine du commerce équitable et campagne publicitaire pour Max Havelaar, campagne virale des écolabels (Label écologique européen et NF Environnement).

 

Les consommateurs sont-ils vraiment sensibles à la présence de labels ?

Les consommateurs sont de plus en plus sensibles aux critères environnementaux et sociaux lors de leurs achats, et les labels peuvent aider à les rassurer sur ce point. Mais devant la prolifération de logos, signes, symboles sur les emballages ou étiquettes de produits, ils se sentent souvent perdus.

Cependant grâce aux campagnes d’information mises en place par certains labels (Max Havelaar, écolabels etc.), les consommateurs sont de plus en plus sensibilisés et pour certaines catégories de produits identifient plus clairement les logos pertinents.

 

N’importe quelle marque ou entreprise peut-elle créer son propre label ?

La notion de label n’est pas définie par la loi (de manière générale). Les textes juridiques ne visent que des labels spécifiques : label rouge, label « haute performance énergétique », label pour l’égalité professionnelle… De fait l’usage de ce terme est moins encadré que d’autres notions (par exemple celle de certification de produits). Il reste néanmoins soumis aux principes du code de la consommation (pratiques commerciales trompeuses) : la démarche ne devra pas induire le consommateur en erreur en créant notamment la confusion avec un label officiel.

Pour ma part, je n’utilise pas le terme label pour des démarches propres à une entreprise et préfère parler par exemple de marque verte. Je réserve le terme label aux démarches collectives (celles qui associent plusieurs acteurs).

L’entreprise qui souhaite créer sa marque verte pourra se référer aux règles de bonnes pratiques, en particulier celles définies par la norme ISO 14021. La crédibilité de sa démarche s’en trouvera renforcée.

 

 

Certains labels sont-ils plus sérieux ou plus fiables que d’autres ?

Absolument. Le meilleur côtoie le pire !

Attention : le terme label étant largement repris en dehors des dispositifs officiels, la dénomination label, à elle seule, ne suffit pas à établir la fiabilité de la démarche.

Comment reconnaître un label fiable ? Il se caractérise par un cahier des charges :

1) transparent (facilement accessible)

2) issu d’une démarche collective participative (élaboration en concertation avec les parties prenantes : industriels, consommateurs, associations de protection de l’environnement, pouvoirs publics…)

3) fixant des exigences plus strictes que la réglementation, qui garantissent une qualité environnementale et/ou sociale significative du produit (une réelle plus value environnementale ou sociale par rapport au produit conventionnel)

4) contrôlé avec efficacité et impartialité (conformité au cahier des charges vérifiée par un organisme indépendant, impartial et compétent)

 

Obtenir un label : est-ce long ? Est-ce cher ? Est-ce compliqué ?

Tout dépend des exigences du cahier des charges du label et de l’écart entre les caractéristiques du produit et ces exigences. Ce qui est déterminant en termes de coûts et de délai, c’est la mise en conformité au cahier des charges. Si elle ne requiert que des adaptions limitées, le coût et le délai seront réduits. En revanche si la labellisation nécessite de revoir ses process de fabrication ou son panel de fournisseurs, la démarche sera plus lourde.

Une fois la mise en conformité établie, l’entreprise devra payer dans la plupart des cas les coûts liés au contrôle (l’intervention de l’organisme indépendant) et une « redevance » pour l’utilisation du logo du label sur son produit (somme forfaitaire en fonction du CA ou pourcentage sur les ventes de produits labellisés).

*** 

Guide des produits responsables labellisés – Sylvain Czaryski - 2ème édition – 2009 – ABCVERT®

Site d’information sur les écolabels délivrés en France : www.ecolabels.fr

Commentaires (1)

 

  1. [...] environnementaux. Avec  Patricia Proia de l’Afnor, Stéphane Marchesi de Bioconsom’acteurs, Sylvain Czaryski d’ABC Vert, et Nicolas Garnier de l’association [...]

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